Personnellement je suis pour l'hybridation entre les différentes localités. Il ne s'agit pas d'apauvrissemlenbt mais d'enrichissement, car on parle de populations domestiques (que ça nous plaise ou non, nos caméléons sont domestiques dès lors qu'ils sont nés en captivité).
Ces populations domestiques sont très limitées, beaucoup plus que les populations sauvages. Dès lors la consanguinité augmente très rapidement. Il suffit de voir les Nosy Be Blue, qui auraient rétréci génération après génération, si j'ai bien compris.
Combien a-t-on introduit d'individus non apparentés de Nosy Boraha, par exemple ? Combien d'entre eux se sont reproduit pour former des lignées ? Disons une douzaine, en étant probablement généreux. Au bout de 4 ou 5 générations, quel sera leur taux de consanguinité ?
Pour moi l'hybridation honnête, contrôlée et réfléchie entre les souches fait partie d'un processus logique et rationnel de maintien de la qualité des souches.
Par contre je ne suis pas très favorable à une hybridation incontrolée ou à la sélection de forme aberrantes (chez les rats on sélectionne des rats sans queue, les "manx". Imaginons le résultat chez un pardalis

). Evidemment je suis très défavorable au mensonge. Un hybride de Nosy Be avec Ambanja ne peut pas être vendu en tant que Nosy Be, pas plus qu'un hybride F2 ([Nosy Be x Ambanja] x Nosy BE), qui est pourtant à 75% Nosy Be.
Mais dès lors qu'on affiche la couleur (ce qui semble être le cas avec la Ferme Tropicale même si les étiquettes semblent un peu balladeuses au vu des photos récentes), l'hybridation entre des souches différentes ne me pose aucun souci.
Comme il a été dit il ne s'agit même pas de sous-espèces différentes mais d'écotypes ou de populations. Leurs différences réelles sont minimes (en biologie la couleur est vraiment très secondaire), et i l ya généralement moins de différences entre un individu d'une souche donné et un individu d'une autre qu'entre les deux extrêmes d'une même population (les populations ne sont ni homogènes pas distinctes de l'espèce type).
Il est bien évident que l'on n'obtiendra plus un animal dont le patrimoine génétique sera 100% inclus dans le patrimoine génétique de sa souche d'origine (dont je rappelle qu'il ne s'agit pas de clones, même si on observe une homogénéité plus ou moins marquée).
La définition même des souches correspond à la description des individus de départ. Mais à Nosy Be tous les pardalis ne sont pas identiques, tous bleus avec quelques points rouges et des lèvres jaunes

Il y a une majorité de verts, qui se croisent gaiement avec les bleus depuis des millénaires. Dès lors où est cette "pureté" de la souche ?
A fortiori sur l'île principale, où les frontières créées par l'homme (agriculture, urbanisation) intensifient la dérive génétique et donc l'apparition de nouvelles souches phénotypiques par augmentation de la consanguinité des populations locales.
Dans le cas des chevaux par exemple, il y a bien longtemps que les "purs sangs" arabes n'ont plus le sang pur. Dès lors que le phénotype correspond et que le patrimoine génétique du cheval contient plus de (je ne sais plus combien)% de gènes "made in pur sang arabe"on considère que c'est un pur sang arabe. Et une hybridation soigneusement contrôlée permet de maintenir une race homogène et en bonne santé.
Comme je le daisais dans un autre poste, n'oublions pas que JAMAIS aucun de nos animaux ou de leur descendance ne retournera à Madagascar. Ce sont des souches domestiques et il est plus que temps de l'accepter.
La seule alternative à l'hybridation entre souches, c'est de continuer à cautionner le prélèvement de caméléons dans la nature pour "ramener du sang neuf". Alors, franchement entre les deux, lequel est le moindre mal ?
Elle n'est peut-être pas nécessaire dans toutes les phases, je ne connais pas suffisament le nombre de lignées distinctes disponibles pour chaque phase. Mais bon, sur le principe je ne suis pas contre, au contraire
En tous cas l'hybridation entre souches n'aura aucun impact négatif sur la viabilité ou la fertilité des individus. En théorie il faudrait tatonner un peu pour savoir où chaque individu se trouveau niveau des exigences bioclimatiques. Mais en pratique c'est un animal né en captivité, qui n'a donc plus du tout les mêmes exigences que les individus sauvages.